Je me suis longtemps cognée au même dilemme : vouloir déconnecter pour mieux dormir, sans pour autant me couper de ma vie sociale. Les soirées entre amis, les groupes familiaux et les échanges professionnels glissent naturellement vers l'écran, et dire « non » au smartphone peut sembler impoli ou irréaliste. Après plusieurs essais, erreurs et ajustements, j'ai construit des stratégies concrètes que j'applique au quotidien — et qui préservent à la fois mon sommeil et mes relations. Voici ce qui a fonctionné pour moi, expliqué simplement pour que vous puissiez tester, adapter et garder ce qui marche.

Pourquoi réduire le smartphone le soir ?

Avant tout, il y a des raisons scientifiques et pratiques. La lumière bleue des écrans retarde la production de mélatonine, l'hormone du sommeil, ce qui peut retarder l'endormissement et fragmenter la nuit. Mais il n'y a pas que la lumière : l'engagement émotionnel (messages intenses, notifications) active notre cerveau et rend la relaxation plus difficile. Enfin, scroller augmente l'anxiété pour beaucoup d'entre nous, souvent sans qu'on s'en rende compte.

Personnellement, j'ai remarqué que les soirs où je limite l'écran, je m'endors plus vite, je me réveille moins fatiguée et j'apprécie davantage mes interactions sociales — parce qu'elles sont plus présentes, moins éparpillées entre plusieurs conversations numériques.

Petites habitudes, grands effets : les réglages techniques

Avant de supprimer complètement l'écran, j'ai commencé par optimiser le téléphone :

  • Mode nuit / réduction de la lumière bleue : j'active Night Shift (iPhone) ou le filtre « Lumière nocturne » (Android) le soir. Ce n'est pas magique, mais ça aide.
  • Réduire les notifications : je garde uniquement les notifications essentielles (famille, travail urgent). Tout le reste est silencieux ou regroupé en mode « Ne pas déranger ».
  • Screen Time / Digital Wellbeing : j'utilise ces fonctions pour limiter l'accès aux apps chronophages après 21h. Bloquer Instagram et TikTok après une certaine heure a été un tournant.
  • Mode avion ou Do Not Disturb programmable : certains soirs, quand je sais que je veux une vraie coupure, j'active le mode avion ou un Do Not Disturb programmé de 22h à 7h.

Créer une routine du soir qui remplace l'écran

Ce qui m'a aidée durablement, c'est de remplacer l'habitude de prendre le téléphone par un rituel agréable. Voici des idées que j'ai testées (et adoptées pour beaucoup) :

  • Lecture papier : un livre ou une revue sous une lampe douce transforme la désactivation numérique en moment cocooning.
  • Journal de gratitude : écrire 3 choses positives de la journée me permet de lâcher prise et d'orienter mes pensées vers le calme.
  • Respiration et cohérence cardiaque : 5–10 minutes de cohérence cardiaque apaisent vite le système nerveux.
  • Douche chaude ou bain : un rituel hygiénique qui signale au corps que la journée se termine.
  • Musique douce ou podcasts choisis : des sons relaxants écoutés sur une enceinte plutôt que sur un écran limitent la tentation de « jeter un œil ».

Garder une vie sociale active, sans être collé·e au téléphone

On peut réduire l'utilisation du smartphone sans devenir impoli. Voici mes règles personnelles lors d'un apéro ou d'un dîner :

  • Poser le téléphone face retournée sur la table, et convenir avec l'hôte d'un moment « check rapide » toutes les 30–45 minutes si nécessaire.
  • Si j'attends un message important, j'en informe rapidement la personne présente (« Si je dois répondre vite, je te le dis ») pour éviter les malentendus.
  • Je propose des alternatives ludiques : jeux de société, promenades, playlist collaborative. Ces activités remplacent le défilement et créent de vrais souvenirs.

Gérer les messages et situations urgentes

Ce qui bloque souvent, c'est la peur de rater quelque chose. Voici mes astuces :

  • Filtrer les interlocuteurs : régler certains contacts comme « Favoris » pour que leurs appels passent même en mode silencieux.
  • Message d'absence personnalisé : un court texto fixe dans vos groupes indiquant que vous limitez l'usage du téléphone le soir, avec une alternative pour urgence (appel) — surprenamment, les gens respectent cela.
  • Gestion des groupes : quitter ou mettre en sourdine les groupes trop réactifs après une certaine heure.

Exemple concret de routine que j'utilise

21h00Repas convivial sans téléphone (ou posé hors de la vue).
22h00Rappel automatique : mode « Ne pas déranger » activé ; vérification rapide des messages prioritaires, puis mise en mode avion si tout va bien.
22h15Cohérence cardiaque 3 cycles (5 min), douche chaude ou tisane.
22h30Lecture papier 20–30 min jusqu'à l'endormissement.

Trucs psychologiques pour tenir sur la durée

Changer une habitude, c'est souvent plus mental que technique. Ce qui m'a aidée :

  • Définir un objectif précis : pas « moins de téléphone » mais « pas d'écran après 22h ». Simple et mesurable.
  • Commencer petit : réduire de 15 minutes chaque semaine jusqu'à atteindre l'heure souhaitée.
  • Célébrer les petites victoires : une semaine sans scrolling tardif = plus d'énergie au réveil. Notez-le dans votre carnet.
  • Remplacer et non supprimer : un rituel agréable augmente les chances de succès.

Applications et outils utiles

Si vous aimez la techno, utilisez-la pour vous aider, pas pour vous piéger :

  • Apple Screen Time / Google Digital Wellbeing pour fixer des limites.
  • Forest (app) : gamifie la déconnexion en faisant pousser un arbre virtuel si vous ne touchez pas votre téléphone.
  • Focus@Will ou playlists relaxantes sur Spotify pour remplacer les réseaux sociaux en soirée.

Questions fréquentes

Et si mes amis prennent des photos et que je veux les voir ?
Je demande souvent qu'on m'envoie les photos le lendemain ou je me permets un rapide aperçu avant de remettre le téléphone face cachée. La plupart du temps, personne n'en tient rigueur.

Mon travail exige d'être disponible le soir — que faire ?
Négocier des plages horaires claires est la clé. J'ai négocié avec certains collaborateurs une fenêtre de disponibilité en soirée (ex. 18h-20h) et le reste du temps, j'active un mode filtré. Fixer des règles prévient l'épuisement.

Je teste, je craque — normal ?
Absolument. Les rechutes sont normales. Réapprendre une habitude demande du temps. L'important est de reprendre sans culpabilité et d'adapter votre plan.

Si vous souhaitez, je peux partager une fiche PDF de routine du soir que j'utilise (avec variantes selon que vous viviez seul·e, en couple ou avec enfants). Dites-moi simplement quel format vous préférez et je vous l'enverrai.